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N’oublions pas la Palestine

, par Hayat Boustajeudi 10 décembre 2020

Le droit international se conjugue de manière sélective impunément et tout est mis en œuvre pour étouffer les voix de la liberté et de la résistance contre l’injustice et l’intolérable. Nous sommes tous concernés par les conséquences de cet oubli volontaire qui au-delà de la Palestine sert de tremplin à la détérioration de la démocratie et ouvre les voies liberticides de tout genre.

Au 72 ème anniversaire de la résolution 194 de l’ONU qui " décide qu’il y a lieu de permettre aux réfugiés de rentrer dans leur foyer le plus tôt possible", Maurice Buttin, Président d’honneur du « Comité de Vigilance pour une Paix Réelle au Proche-Orient », membre des C.A. de « Pour Jérusalem » et de « Chrétiens de la Méditerranée » adresse, le 5 décembre 2020, une lettre ouverte sous le titre «  Palestine : Sénateurs, députés, représentants du peuple français, souvenez-vous  ». Cette lettre ouverte, s’adresse au Premier ministre, au ministre des Affaires étrangères, aux présidents du Sénat et de l’Assemblé nationale, aux présidents des Groupes d’amitié France-Palestine, aux présidents de la Commission des Affaires étrangères au Sénat et à l’Assemblée nationale.

"Le journal La Croix du 27 novembre 2020 nous a appris que le Sénat avait voté, deux jours auparavant, un texte réclamant la reconnaissance de la « République du Haut-Karabakh ». Le Sénat « condamnait l’agression militaire de l’Azerbaïdjan, menée avec l’appui des autorité turques et de mercenaires étrangers ». Il demandait le retrait immédiat des territoires conquis et l’ouverture d’une « enquête internationale sur les crimes de guerre commis au Haut-Karabakh ». Le 3 décembre, l’Assemblée nationale votait à son tour la même résolution.
Je comprends cette réaction des sénateurs et des députés en faveur du peuple arménien, si meurtri depuis tant de décades, victime en 1915 d’un véritable génocide par les Turcs.

Mais, un autre peuple souffre aussi, le peuple palestinien. Et il serait temps que le Sénat, comme l’Assemblée nationale, quelques jours auparavant, renouvellent leur résolution - il est vrai, hélas, non contraignante - adoptée en décembre 2014, visant à voir reconnaître par la France l’Etat de Palestine.
A cette occasion, comment ne pas rappeler que la Palestine, proclamée le 15 novembre 1988 sur 22 % seulement du mandat britannique - donc avec reconnaissance de facto d’Israël - est aujourd’hui reconnue par au moins 137 Etats, dont le Vatican ; et que depuis le 29 novembre 2012, elle est le 194ème Etat des Nations Unies, y siégeant à titre d’observateur, comme le Vatican.
La Palestine est victime d’une agression militaire depuis juin 1967 et le 22 novembre 1967 une résolution du Conseil de Sécurité des Nations-Unies ordonnait, entre autres, à Israël de se retirer des territoires occupés… Israël occupe toujours ces territoires plus de cinquante années après !
Parmi tous les sénateurs et députés, les « gaullistes » n’ont pu oublier les dires prémonitoires du Général De Gaulle, lors de sa fameuse conférence de presse, du 27 novembre 1967 : « Maintenant Israël organise sur les territoires qu’il a pris l’occupation, qui ne peut aller sans oppression, répression, expulsions, et il s’y manifeste contre lui une résistance qu’à son tour il qualifie de terrorisme ».
Sénateurs, députés, souvenez-vous l’occupation de notre pays, envahi par l’armée allemande en 1940, a duré moins de cinq années.
En Palestine, plus de cinquante années de guerres (GAZA en 2008 ; 2012, 2014) , de meurtres, d’arrestations, de destruction de maisons, d’installation de colonies illégales au regard du droit international, d’édification de routes pour les seul juifs - désormais plus de 400 000, sans compter les 200 000 installés à Jérusalem-Est occupée, de construction d’un mur dit « de séparation » établi non sur la « ligne verte » de juin 1967, mais, en partie sur le territoire palestinien, construction condamnée en 2004 par la Cour Internationale de Justice, et d’humiliations quotidiennes, semblables, hélas, à celles dramatiquement subies par les juifs, en Allemagne et en Autriche, dans les années 1930. Je l’ai moi-même constaté, lors de plusieurs voyages.
Ce matin, je recevais de Jérusalem un nouveau message de la professeure bien connue, Nurit Peled-El Hanan, avec des photos jointes d’enfants palestiniens martyrisés, sous le titre « des soldats israéliens tirent sur des enfants dans l’intention de les mutiler à vie ». Et le « tir aux pigeons » organisé pendant des mois contre les Gasawis, lors de leurs grandes marches pacifiques du retour (234 morts, des centaines de blessés) ? Et certains dirigeants israéliens osent qualifier l’armée israélienne de « la plus morale du monde ».
Ne serait-il pas temps aussi, sénateurs et députés, d’appuyer l’enquête, envisagée par la Cour Pénale Internationale - reconnue par l’Etat palestinien en 2015 - contre les crimes de guerre commis par l’armée israélienne, en particulier à Gaza l’été 2014 ? (Selon le Centre palestinien pour les droits de l’homme : 2168 morts, dont 1662 civils -76,6 % -, des milliers de blessés).

Sénateurs, députés, il est temps que notre pays retrouve l’éclat qu’il avait dans le monde arabe du temps de De Gaulle ou de Chirac. Valéry Giscard d’Estaing, disparu ce mercredi, a eu le courage, en octobre 1975, d’accorder à la représentation palestinienne le statut de « Bureau de liaison et d’information de l’OLP en France », aujourd’hui « Ambassade, mission de Palestine en France » ?
Sénateurs, députés, représentants du peuple français, vous pouvez par votre exigence obtenir de notre gouvernement la reconnaissance de l’Etat palestinien, en n’oubliant jamais que nous faisons supporter à ce peuple, qui n’y était pour rien, la monstrueuse Shoah du peuple juif européen."

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