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Une politique sans colonne vertébrale

, par AFPS-44mercredi 8 mars 2017

Voir en ligne : La réponse"pathétique" de F Hollande...

publié sur POLITIS après le refus de F Hollande de reconnaître l’Etat de Palestine suite à l’appel de plus de 154 parlementaires.
Sur le même sujet :
http://www.aurdip.fr/un-etat-ou-deux-etats-parlons-d.html


La réponse de François Hollande à la lettre des 154 parlementaires l’appelant à reconnaître la Palestine parue dans le Journal du dimanche (et depuis rejoints par d’autres) a quelque chose de pathétique dans sa tentative pour donner un vernis de cohérence à une politique sans colonne vertébrale.

Comme si, au cours de ses cinq années de mandat, la situation ne s’était pas dangereusement aggravée en raison de la seule politique israélienne de fuite en avant effrénée vers la colonisation du territoire palestinien.

François Hollande met au crédit d’une même ligne politique, la sienne, le vote de la France pour l’admission de la Palestine à l’ONU comme État observateur non membre, celui de la résolution 2334 du Conseil de sécurité et l’initiative diplomatique française initiée par Laurent Fabius et poursuivie par Jean-Marc Ayrault. Pour mieux conclure que la reconnaissance de l’État de Palestine n’est décidément pas à l’ordre du jour, faute d’effet d’entraînement.

Il semble oublier à la fois les termes de son 59e engagement, le vote des deux assemblées en décembre 2014 et les conditions dans lesquelles la France a voté pour l’admission de la Palestine le 29 novembre 2012.

Moins d’un mois avant cette date, le 31 octobre à Toulouse, dans une conférence de presse commune avec Benyamin Netanyahou à la suite d’un hommage aux victimes de Mohamed Merah, il s’en prenait, de façon pour le moins déplacée, à la « tentation pour l’Autorité palestinienne d’aller chercher, à l’Assemblée générale des Nations unies, ce qu’elle n’obtient pas dans la négociation ». Cela eut au moins l’avantage de soulever une tempête de protestations et de mobilisations des amis de la Palestine, et de rendre parfaitement intenable une position de refus lors du vote de l’Assemblée générale.

L’initiative diplomatique telle que pensée par Laurent Fabius dans les derniers jours de 2014 devait, en cas d’échec dans les deux ans, se concrétiser par une reconnaissance de la Palestine par la France. Hélas, à peine arrivé au Quai d’Orsay, Jean-Marc Ayrault se voyait contraint de préciser qu’il n’y aurait là rien d’automatique. En effet. Et la Conférence de Paris réunie le 15 janvier n’a pu déboucher que sur des déclarations d’intentions, tandis que se tenait à l’extérieur, à l’appel du Crif et de diverses officines pro-israéliennes proches ambassade [d’Israël, NDLR], une manifestation de dénonciation de la politique extérieure française, avec interventions de deux députés aux accents factieux.

Une manifestation aussi grossière de l’immixtion d’un État étranger dans les affaires françaises ne suscita en retour aucune réaction du chef de l’État. On voit bien au contraire à ce stade que ce sont de telles pressions, étrangères à l’esprit républicain, celles des tenants du soutien inconditionnel au gouvernement israélien le plus extrémiste de l’histoire, qui le plus souvent l’emportent.

Ce sont eux qui ont l’oreille de l’Élysée. Celles et ceux qui voient dans le pourrissement de la question israélo-palestinienne, non seulement la pérennisation d’une injustice historique mais un grave danger pour la paix ne sont pas parvenus à faire entendre ce qui est pourtant majoritaire dans l’opinion mais aussi chez de nombreux anciens ambassadeurs, fins connaisseurs de la situation proche-orientale, pour lesquels ils est urgent de réparer une injustice de l’histoire et de reconnaître l’État de Palestine.

Il reste quelques semaines avant le passage de témoin au nouveau locataire de l’Élysée. François Hollande peut-il se dégager de ses responsabilités et faire le pari de laisser le dossier entre les mains de son successeur ?

Ce serait une attitude de bien piètre politique et un triste exemple de manque de courage. Nous refusons de nous y résigner : la fin du quinquennat est certes programmée, elle n’est toujours pas écrite.

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